Conférence du professeur Vladimir G. Jdanov sur le thème de la globalisation (2006)

Contrairement aux apparences,
l’article qui va suivre n’est pas un article sur la Russie.
Le thème en est la globalisation de l’économie mondiale. Nous partons d’une étude de cas. La Russie est un excellent exemple pour permettre une réflexion sur les effets pervers de la globalisation. Libre à chacun d’extrapoler pour en tirer les conclusions sur l’avenir de l’Union Européenne. Nous reprenons l’intervention du professeur Vladimir G. Jdanov (conférence donnée en 2006).

Dans chacun des pays membres de l’Union Européenne, nous devons nous assurer que les candidats aux élections du Parlement abordent les questions liées aux effets de la globalisation de l’économie et proposent des idées convaincantes pour lutter contre ses effets nuisibles sur nos populations. Si la lutte contre les nuisances de la globalisation est absente des préoccupations de telle ou telle formation politique (programme explicite sur le sujet), il faudra alors se poser la question sur l’intérêt à élire leurs candidats.

L’Union Européenne se comporte comme un appareil totalitaire qui cherche à nous imposer le « meilleur des mondes ». Le thème de la globalisation de l’économie, pourtant vital pour chacun des peuples, est traité superficiellement. Nous aimerions qu’un programme de mesures soit mis en avant.

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Les effets désastreux de la globalisation sur l’économie des pays – thème développé lors d’une conférence donnée par le professeur russe Vladimir G. Jdanov, en 2006, au Belarus.

Venu de Novossibirsk (Sibérie) en train, V. G. Jdanov a traversé des espaces de désolation avec de nombreuses usines démantelées. Selon l’orateur, la Russie vit du gaspillage insouciant de ses ressources pétrolières : si le cours du baril venait à descendre au dessous de 15 $, la Russie serait ruinée. Par contre au Belarus il a constaté que les usines tournaient à plein et que le Belarus avait su préserver son tissu industriel de la désagrégation.

«Dilapidation de l’héritage des générations futures : dans 20 ans, lorsque les réserves pétrolières russes seront taries, il ne restera alors plus aucune ressource» dit-il. Cette évolution résulte du processus de globalisation mondiale de l’économie.

Le phénomène de globalisation de l’économie est assez récent – il remonte à 35 ou 40 ans. Sous l’impulsion de l’OMC, les frontières économiques ont disparu entre les états, avec pour première conséquence l’alignement des prix de la consommation sur le marché mondial. Dans le même temps, la très grande disparité des coûts de production (notamment de la main d’œuvre) conduit, dans les pays émergents, à d’inquiétants écarts entre les prix de consommation et les coûts de production. Autre conséquence : la simplification des procédures de transferts de capitaux entre les pays (un transfert de fonds ne requiert que 5 secondes).

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Lourdes conséquences sur les investissements

La Russie de Eltsine avait pensé attirer les investisseurs en ouvrant ses frontières.
Non seulement les capitaux étrangers ne sont pas venus, mais la Russie a été confrontée à la fuite de ses capitaux, ainsi qu’à l’évasion de ses matières premières précieuses et de ses métaux non ferreux.

De surcroît, un pays comme l’Estonie, s’est retrouvée comme étant le plus gros vendeur de métaux non ferreux du monde alors que ce pays n’est pas producteur, ces matières premières et autres richesses provenant de la Russie.

V. G. Jdanov pointe du doigt l’ouverture des frontières : l’entrée de la Russie à l’OMC . Les oligarques, Tchoubaïs, Gaïdar, Berezovski, Abramovitch, poussent la Russie à intégrer rapidement l’OMC, sans se préoccuper des conséquences.

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Illustration de l’aggravation des déséquilibres

V. Jdanov prend l’hypothèse d’un investisseur qui aurait décidé de monter une usine ultra moderne de fabrication de chaussures.
Dans cet exemple, l’investisseur reçoit 2 propositions :
1ère proposition d’investissement – région de Sibérie
garantie d’une main-d’œuvre qualifiée disponible (chômage),
abondance de matière première (cuir)
2ème proposition d’investissement – ville de Bombay (Inde)
même garantie d’une main-d’œuvre qualifiée disponible (chômage),
matière première (cuir)

L’investisseur procède à une étude comparative des offres :

Sibérie : pour construire l’usine, les conditions climatiques imposent de creuser 5 mètres de fondations (impactant à hauteur de 30% le coût de la construction). L’épaisseur des murs doit protéger des variations de température externe et il faut prévoir du chauffage sur 8 mois. Le personnel doit bénéficier d’une paye et d’une politique sociale incitatives pour accepter d’endurer les conditions sibériennes. Le fret ferroviaire, tout comme le fret routier, coûte cher. Enfin, il faut compter six ans pour construire tout cet ensemble.

A Bombay, un mois suffit à l’assemblage et au montage des bâtiments. L’accès à l’océan permet d’utiliser le transport maritime qui ne coûte quasiment rien. Les conditions climatiques sont favorables.

Sibérie : au bout de 6 ans, la fabrication d’un lot de chaussures vendu 100 $ (prix du marché), aura nécessité plus de 250 $ (coût de revient): une perte de plus de 150 $. Par contre, à Bombay le coût de revient n’est que de 69 $, permettant un gain de 31 $. Conclusion : décision d’investir à Bombay, car évidemment personne ne souhaite investir à perte.

Autre paradis pour les investisseurs, la Chine méridionale : soleil tout au long de l’année, murs en contre-plaqué, des usines qui « poussent comme des champignons » et abondance de main d’œuvre. Bien que la Chine soit communiste et que la démocratie n’y soit pas toujours respectée, chaque année ce pays reçoit à hauteur de 500 milliards $ de la part d’investisseurs privés, tandis que, durant toute la période de la Perestroïka, la Russie n’a perçu que 7 milliards. Et, si l’on analyse de plus près la nature de ces investissements en Russie, on s’aperçoit qu’avec l’ouverture des frontières, l’ensemble de la production du pays s’avérait non rentable par rapport aux prix du marché (les coûts de production du marché mondial étaient une fois et demie inférieurs aux coûts de production en Russie). Toutes les usines se sont retrouvées en faillite et ont été cédées à des investisseurs étrangers pour des kopecks. S’agissait-il d’investir pour fabriquer sur place à des prix supérieurs au marché ? Non. Tout le matériel a été transporté en Occident pour y être désossé afin d’en récupérer les métaux non ferreux pour la revente. L’investissement étranger se résume à la destruction des usines.

L’investisseur, quel qu’il soit, recherche son bénéfice : il compare les coûts de production à l’échelle mondiale, la globalisation ayant nivelé les prix de vente (prix du marché)

Le tableau comparatif de la rentabilité des investissements (2006) amène aux conclusions suivantes:

En France, pour 100 $ de revenu, il faut investir 109 $, soit 9 $ de perte.
En Angleterre, pour 100 $ de revenu, il faut investir 120 $ soit 20 $ de perte
En Pologne, pour 100 $ de revenu, il faut investir 140 $
En Russie, pour obtenir 100 $ de revenu, il faut investir 257 $ etc.
Il n’est donc pas intéressant d’investir dans ces pays.

Par contre:
A Singapour, pour 100 $ il de revenu, il faut investir 75 $ , soit un gain de 25 $
En Corée du Sud, pour 100 $ de revenu il faut investir 71 $ , soit un gain de 29 $
En Chine du Sud pour 100 $ de revenu, il faut investir 69 $ , soit un gain de 31 $

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Si certaines régions comme la Sibérie sont si peu attractives pour l’investissement, pourquoi y a-t-on construit des usines ?

C’est l’État qui les a construites à l’époque soviétique. L’État avait compris qu’il devait aménager ces territoires de l’Est pour l’intérêt général. Il a donc investi à perte (sur le plan économique) dans le développement des infrastructures, des sciences etc. Pour l’investisseur privé, ce n’est pas le facteur humain qui prime dans la prise de décision, mais l’appât du gain (retour sur investissement).

Sous Eltsine, la globalisation a ruiné le Kamtchatka

Durant 17 ans, Vladimir G. Jdanov a effectué des missions au Kamtchatka.

Au début, il a été totalement subjugué par cette région prospère. Les salaires y étaient très élevés (incitation à travailler dans de rudes conditions). La population – des marins pour l’essentiel – était donc très aisée. Ils utilisaient couramment l’avion pour se rendre à Moscou. Seule faille, le rouble était inconvertible et n’avait donc de valeur qu’à l’intérieur de l’Union Soviétique.

Initiatives de Eltsine :
ouverture des frontières et convertibilité du rouble.
La destination en vogue devient le Japon (et non plus Moscou).

Au bout d’un an, l’industrie de la pêche fut mise en faillite : les usines du Kamtchatka fermèrent les unes après les autres. Motif : il était plus rentable d’expédier le poisson au Japon et en Chine pour y être retravaillé. Les gros salaires octroyés à la population du Kamtchatka rendaient les exportations non compétitives. 200 000 travailleurs perdirent leur emploi.

L’année suivante, ce fut l’effondrement des constructions navales du Kamtchatka. Il était devenu plus rentable de réparer les navires en Corée du Sud ou au Japon.

La troisième année, c’est toute la flotte qui a été liquidée : les nouveaux propriétaires ont jugé plus rentable le bradage de la flotte à la tonne de métal récupéré et le placement de l’argent dans des régions telles que l’Asie du sud-est où l’on est assuré d’obtenir un gain de 30 % sur chaque investissement. 600 000 chômeurs, condamnés à rester sur place car cela coûte très cher de voyager. Les élections suivantes, en désespoir de cause, ils ont élu un nouveau gouverneur de région… communiste.

La globalisation amène la destruction de l’outil productif.

Résultat : il n’y a plus de production nationale pour la majorité des produits ; les produits sont des produits importés.

La Russie a besoin d’énergie de chauffage.
L’OMC impose que les tarifs de l’électricité soient alignés sur les prix du marché mondial (six roubles au lieu d’un). Pour sa part, le prix de l’essence doit augmenter de 2,5 fois. Le coût de l’énergie entraînera la faillite des unités de production qui ne pourront plus payer leurs charges.

Petite anecdote illustrant les aberrations auxquelles peut conduire la globalisation par la force : pour imposer une première augmentation du prix de l’électricité en 2005, Tchoubaïs a coupé le courant dans certaines agglomérations d’Extrême Orient. La population a dû capituler et payer trois roubles ce que jusqu’à présent elle payait un rouble.

V. G. Jdanov préconise de refermer les frontières.
Comme alternative, il suggère de restaurer un partenariat économique entre la Pologne, la Russie et le Belarus (économies très complémentaires).

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Dans les chapîtres précédents, V.G. Jdanov nous fait partager un constat et un diagnostic qu’il illustre d’exemples particulièrement éloquents sur la Russie.

En dernière partie, V.G. Jdanov revient sur « le comité des 300 », largement traité dans l’oeuvre de John Coleman (Conspirators Hierarchy: The Story of the Committee of 300 / Beyond The Conspiracy: Unmasking The Invisible World Government, The Committee Of 300), John Coleman qui a travaillé 30 ans dans les renseignements britanniques. À sa sortie, ce livre avait été copieusement critiqué pour un prétendu manque de rigueur (certaines allégations n’étant pas vérifiées). Nous n’entrerons pas dans ce débat qui nous mènerait trop loin…
Parmi les avancées plausibles, le constat que les gouvernements des pays ne seraient plus que des marionnettes manipulées par ce comité des 300. Par ailleurs, les ressources naturelles diminuant, on prévoit que dans les années 70, elles ne suffiront qu’à 1 milliard. Il faudrait donc exterminer 5 milliards.

Le scénario qui suit, mérite que l’on s’attarde plus sur la démonstration : les francs-maçons et certaines communautés juives (hassidistes) sont pointés du doigt, sans plus de détails. Dans ce milliard de rescapés, l’Europe ne figurerait pas, mais par contre on y trouverait Israël et le Japon…

Certes, il y a le sida en Afrique. Quand à la Russie, c’est l’alcool la drogue et le sida qui en viendront à bout. Les musulmans seront victimes d’actes de guerre ; à cette occasion, Jdanov reprend certaines thèses selon lesquelles les attentats du 11 septembre seraient un coup monté. De plus, le nombre des victimes est minimisé. Jdanov montre la une d’un journal franc-maçon paru le 4 septembre à Moscou où figurait un dessin évoquant les attentats qui devaient se dérouler une semaine plus tard.

Pour revenir à la Russie, Jdanov rappelle qu’en vue de sa destruction, l’URSS a été découpée en 52 morceaux (alors qu’elle compte 15 républiques). Nous sommes au second acte : après la destruction de l’URSS, la destruction de la Russie.

Les vieux seront décimés par la misère, les jeunes par l’alcool et la drogue (le ministre de l’économie d’Eltsine Gaïdar avait lancé les débits d’alcool et de tabac à chaque terminus de bus, ouverts 24h/24h et 7j/7j).

A terme, la Russie ne sera plus qu’une source de matières premières
et d’industries sales.
Dans une déclaration, Margaret Thatcher avait estimé que la population russe allait tomber à 15 millions d’habitants dans les années 70. Prévision reprise par Madeleine Albright.

Dans cette dernière partie il est fait état d’un « Nouvel Ordre Mondial« , terme galvaudé qui demande à être utilisé avec une certaine précaution. Sous ce vocable se cachent des théories parfois contradictoires, peut-être avec l’intention de brouiller les pistes.

Néanmoins, un document mérite notre attention : un article de Alexandre Ignatov, Directeur général de l’agence d’information et d’analyse au sein du Bureau du Président de la Fédération de Russie en 2000. Cet article nous éclaire sur la stratégie de leadership de la Russie dans la Globalisation.

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