Ciments: les exigences vertes poussent à délocaliser

[…] Le clinker, matériau de base essentiel dans la production de ciment, alimente les unités de broyage. Le clinker est importé de Turquie, d’Egypte, d’Arabie saoudite, d’Iran et d’Inde, voire de Chine et d’Indonésie […] Le prix d’achat d’une tonne de clinker importée s’élève à environ 40 euros et le coût de la tonne fabriquée en France à 25 euros. Mais une cimenterie nécessite un investissement dix fois plus élevé (environ 300 millions d’euros) qu’un centre de broyage. En termes de prix de vente, le ciment issu de clinker importé peut ainsi devenir compétitif.

« L’écart de prix entre la tonne de clinker importée et celle produite en France s’est réduit d’année en année », constate Sylvain Moreno, le délégué syndical CGT de Lafarge Ciments.

Les coûts de production dans le bassin méditerranéen, au Moyen-Orient et en Asie sont moins élevés qu’en Europe.

Les exigences environnementales poussent aussi à délocaliser des usines gourmandes en énergie et qui émettent beaucoup de CO2. Au grand dam des majors.

« Nous serions confrontés à une distorsion de concurrence si les acteurs procédant à des importations le font depuis des pays non soumis aux mêmes contraintes environnementales qu’en Europe », affirme Vincent Bichet, le PDG de Holcim pour la France et le Benelux.

Cette distorsion de concurrence qui s’annonce concerne les quotas de CO2, payants à partir de 2013, mais aussi les émissions d’oxyde d’azote, de dioxyde de soufre et de chlore. Autant de contraintes auxquels ne sont pas soumis les importateurs de clinker. Au-delà de ces obligations existantes, l’éventuelle taxe carbone pourrait enfoncer le clou. Le Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic) évalue l’impact d’une éventuelle taxe carbone à près de 100 millions d’euros par an pour les industriels présents en France.

Le lobbying va bon train à Bruxelles pour éviter la mise en place d’une nouvelle taxe qui risquerait, selon ses détracteurs, de diminuer la compétitivité des cimenteries françaises et de favoriser les importations. Mais les industriels marchent sur des œufs: la Commission européenne soupçonne les cimentiers – dont Lafarge, Holcim, Cemex et Italcementi – d’entente sur les prix. Une enquête est en cours

Usine Nouvelle : 18 mars 2010 par Olivier James

Lire l’intégralité de l’article : Même le ciment se délocalise !

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