Compétitivité ou aveu d’échec ? La relocalisation

Seule 1 entreprise sur 20 relocaliserait (après un échec à la délocalisation)

Parmi les fréquentes causes d’échec à la délocalisation, on pourrait noter :
– une défaillance du management (absence de stratégie)
– une négligence dans la rédaction de cahiers des charges
– l’inexpérience dans le pilotage d’équipes offshore

Le Grand Emprunt à la rescousse des entrepreneurs de la « deuxième chance ».

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LES ENTREPRISES QUI RELOCALISENT
[MISES A JOUR 30-09-2010 et 28-11-2010]

Ce type d’information est régulièrement et complaisamment relayé par les médias.
Sélection parmi les derniers exemples en date:

En avril 2010, on signalait la relocalisation de 50 entreprises françaises.

Septembre 2010:
Retour de deux « fleurons » de l’industrie française: Le Coq Sportif et Les Skis Rossignol.

Novembre 2010:
TF1 JT 20h 28-11-2010 : Geneviève Lethu, Loiselet
« Après avoir délocalisé leur production en Asie ou en Europe de l’Est,
certaines entreprises réinstallent leur activité en France.
En cause : la qualité des produits et des coûts de transports trop lourds. »

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Faut-il s’en réjouir ?

Quels auront été les dommages collatéraux de l’opération délocalisation-relocalisation?
A l’époque, la plupart de ces délocalisations ont occasionné des licenciements en France.
Aujourd’hui, on licencie – sans contrepartie – des populations locales après les avoir surexploité.

Aides à la relocalisation: un nouveau volet de la politique de la « deuxième chance ».

Pourquoi et dans quelles conditions ces entreprises avaient-elles délocalisé?
S’agissait-il d’un manque de compétitivité dû aux coûts de production en France
– coûts de matière première et de main d’œuvre, pression fiscale?

nous avons, dans ce cas, affaire à un pilotage à vue (court-moyen terme) :
– les prix des matières premières et les salaires locaux sont appelés à augmenter
– les incitations fiscales et les effets de change sont de nature aléatoire
– la part des coûts de transport risque de s’accroître

Pourquoi ces entreprises (une sur vingt) relocalisent-elles?

S’agissait-il d’une réelle délocalisation ou d’une simple sous-traitance?
Il semble qu’il y ait confusion dans certains cas.

Parmi les fréquentes causes d’échec à la délocalisation, on pourrait noter :
– une défaillance du management (absence de stratégie)
– une négligence dans la rédaction de cahiers des charges
– l’inexpérience dans le pilotage d’équipes offshore

La relocalisation va-t-elle finalement profiter à la main-d’oeuvre immigrée?

L’un des principaux attraits de la délocalisation: une main-d’oeuvre à bas coûts.

Parade imaginée par le gouvernement:
Taxer les importations en provenance des pays émergents

L’entrepreneur relocalisé sera tenté de faire appel à une main-d’oeuvre immigrée
dont le coût est partiellement pris en charge par la collectivité
(incitations fiscales, subventions diverses, prestations sociales).

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Sur le nombre d’emplois créés par les relocalisations, une évaluation tout aussi empirique que l’annonce médiatisée, aboutit au chiffre de 2 000 en quelques années.
Bien peu en rapport avec les emplois détruits.

L’usine Rossignol de Sallanches (Haute-Savoie) gagne 20 emplois équivalents temps plein grâce au retour de Taïwan de la production de paires de skis en ce début 2011. Toutefois, le groupe avait supprimé près de 500 postes en France en 2005 et 2007 et, tandis que Sallanches relocalise, le site de Saint-Etienne- de-Croisset a fermé (Roger Bonnat, délégué CGT).

« Revenir pour faire la même chose qu’en zone low cost n’a pas de sens », estime Philippe Peyrard, directeur général délégué d’Atol. Il nous faut gagner en efficacité et en productivité. La prime à la relocalisation tient du mirage : à sa création par le gouvernement l’été dernier, elle a été appelée prime à la relocalisation pour faire simple, mais sa dénomination officielle est « aide à la réindustrialisation”.

Sur les trois bénéficiaires à ce jour, seule la fonderie normande Loiselet, répond au scénario d’une délocalisation partielle lointaine (Chine et Inde) suivie d’un retour en France avec création d’emplois (100) à l’appui. MP Hygiène dans l’Ardèche (bobines de papier pour essuie-tout) prévoit de créer 48 emplois en ramenant de la production depuis l’Italie, pays pas spécialement rangé dans la catégorie low cost. Quant à Axon’Cable à Montmirail (Marne), son projet débouchant sur 50 emplois au minimum répond à la définition de la non- délocalisation : « Nous industrialisons de nouveaux produits à notre siège du fait qu’il abrite aussi la R & D, plutôt qu’en Allemagne ou en Hongrie », souligne Joseph Puzo, le Pdg du fabricant de câbles et connecteurs de 1600 personnes, dont la moitié dans l’Hexagone.

Avec ses 12,9 millions d’euros en trois dossiers, la prime – en fait une avance remboursable sans intérêt – est pour l’instant loin d’avoir consommé son enveloppe de 200 millions d’euros pour un nombre visé de 40 entreprises

[Entreprises & Carrières 15-21 fév 2011].

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Le Grand Emprunt à la rescousse des « naufragés de la délocalisation »

Avances remboursables
Le gouvernement a décidé de consacrer 185 millions d’euros à un « dispositif en faveur de la relocalisation compétitive ». Ces fonds seront aussi gérés par Oséo. Les interventions se feront sous forme d’avances remboursables et non de subventions. Un choix qui s’inscrit dans la philosophie du grand emprunt. Ces avances remboursables pourraient être de l’ordre de 5 à 10 millions d’euros par dossier. Elles seraient destinées spécifiquement aux projets d’entreprises qui ont délocalisé hors de l’Union européenne il y a quelques années (pour éviter les effets d’aller-retour).

Le Comité des Entrepreneurs pour un Développement Responsable de l’Economie (Cedre)
– association qui milite pour des aides à la relocalisation –
propose d’étendre la prime d’aménagement du territoire aux entreprises qui relocalisent.
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La présente vidéo, extraite du JT-20h de France 2 du 25-03-2010, met en scène 2 PME :

PEG SA, Champagne-Ardenne fabricant de couettes et d’oreillers.
Le patron de cette entreprise familiale veut oublier la Chine : « Je n’ai eu que des tuiles là-bas. »
Des retards de livraison et la qualité n’est pas là pour rattraper les problèmes de transport : oreillers plats, tachés, trop petits, trop grands… Alain Comalada a rapatrié toute la production d’oreillers et couettes synthétiques. Il a fait construire une machine qui produit de la microfibre et installé une nouvelle usine dans la région dieppoise.

La production sera désormais 100 % normande, contre 80 % auparavant. En revanche, la matière première, le tissu, vient toujours d’Inde, du Pakistan et de Chine. « Je peux relocaliser, car la part de main-d’œuvre dans mes coûts atteint 10 % ».

MAJENCIA (anciennement Samas), leader du mobilier de bureau, en Région Parisienne.
Après avoir été placé en redressement judiciaire fin 2003, le spécialiste de la fabrication de mobilier de bureau, Samas France, est aujourd’hui sorti du rouge. Une remise à plat totale du process industriel a été lancée. En 2005, la société rapatrie une ligne de meubles de bureau dans l’Oise, après cinq ans passés à Canton où les coûts de fabrication sont 20% moins élevés. Ce repli s’est poursuivi jusque récemment. L’augmentation des coûts du transport grignotait les gains réalisés en Chine. « On a préféré payer des salaires en France que du pétrole », résume le PDG Vincent Gruau. Il n’empêche que pour réduire ses coûts, Majencia a décidé d’ automatiser certaines opérations auparavant réalisées par des ouvriers. En septembre 2008, Samas France quitte le giron du néerlandais Samas BV, dans le cadre d’un rachat de l’entreprise par son management et est rebaptisée Majencia. Aujourd’hui, Majencia se présente comme une entreprise pleinement durable, allusion probable au fait qu’il est l’un des 4 membres fondateurs du Comité des Entrepreneurs pour un Développement Responsable de l’Economie (Cedre).

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