Abattoirs bretons : des Maliens musulmans à la chaîne porcine

Pourquoi tout ce battage de France 24 autour d’un modèle «d’immigration réussie »
Ce reportage de décembre 2009 a été rediffusé le 30 juillet 2010.

Octobre 2013. Crise de l’agro-alimentaire breton (notamment abattoirs).

Les opérateurs français (viande porcine) ne peuvent peser face à la concurrence allemande… car outre-Rhin, les abattoirs peuvent employer des salariés venus d’Europe de l’Est payés jusqu’à trois fois moins cher qu’en France [La Tribune 18/03/2013].

Pendant ce temps-là, la France fait appel à une main d’œuvre d’immigration malienne, payée au SMIC.
Alors oui, la Bretagne s’est laissée distancer… mais rien à voir avec l’Europe, contrairement à certaines idées populistes.

Lire également │ Abattoirs bretons : les médias s’en prennent aux intérimaires roumains

Pourtant, ces « travailleurs détachés » constituent une main d’œuvre qualifiée
qui ne coûte rien à la collectivité française, contrairement à l’immigration.

Alors, pourquoi tout ce battage de France 24 autour d’un modèle «d’immigration réussie »?

« à première vue, Collinée, situé à une demi-heure de Saint-Brieuc, est simplement un joli petit village breton avec ses maisons de pierres. Mais Collinée, ce sont aussi ses habitants. Nous sommes à peine sorties de la voiture, la portière entrouverte, que déjà pleuvent sourires et bonjours sympathiques ! Ici les Bretons sont de toutes les couleurs ! »

Quelques scènes du reportage :

On y voit Fatou, la jeune « Bretonne » qui part travailler après sa prière matinale.
C’est dimanche, Fatima prépare un couscous…

Métissage de rigueur:
Siale (Malien de 18ans) et Charlotte (Bretonne de seulement 16 ans)
seront parents en janvier!!!
« La plupart des gars qui sont là, ils ont des meufs blanches… c’est obligé » (rire)

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Abattoirs Kermené: une main-d’œuvre musulmane venue du Mali… pour la chaîne porcine.

Premiers arrivants en 1974, la société travaillait sous le nom des abattoirs Gilles, nom de son ancien patron. André Gilles, piètre entrepreneur, a décidé d’embaucher des Maliens que rien ne prédisposait à ce type d’activité, pour tenter de sauver ses abattoirs « Kermené » à Collinée.
Rien n’y a fait: en 1978, André Gilles fait appel au géant de la distribution, Edouard Leclerc.

Depuis, les abattoirs Kermené se sont agrandis sur le site de Collinée. (Ouest-France 04-03-2008)
La main d’œuvre musulmane du Mali ne semble pas y bénéficier de traitement de faveur.
Comme la majorité du personnel, elle est régulièrement affectée à la chaîne porcine.

Une population qu’il a fallu prendre en charge.
Apparemment, les effectifs maliens n’ont pas souffert de cette transition.
Il semble même qu’il se soient développés.
« Jusque-là, les hommes étaient intégrés. Mais leurs femmes, peu alphabétisées pour la plupart, ne parlaient pas français », se souvient Moïse Rouget, maire communiste de 1982 à 1995. Nous avons mis en place des cours de français pour les femmes, et du soutien scolaire pour les enfants. »

La montée d’un certain communautarisme a aussi provoqué des heurts, il y a peu.
« Le problème aujourd’hui, ce ne sont pas les différences, mais l’indifférence à la différence. Nous avons voulu une intégration tellement forte que le phénomène s’est inversé », explique Jean-Pascal Guillouët, maire socialiste depuis 2001.

Le Maire socialiste préfère parler de « non-Maliens », plutôt que de « Bretons ».
« On en a oublié les autres, les « non-Maliens » »
Des groupes se sont formés. Bilan : Des violences, à l’école et au-dehors, allant parfois jusqu’à la délinquance.
« Notre politique jeunesse devait changer. Il fallait l’ouvrir à tous, pas uniquement aux Maliens. »

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[Notre article daté du 15-01-2013] Intervention au Mali :
sommes nous tenus d’être solidaires de notre classe politique?

il y a quelques années la Banque Mondiale a poussé le Mali – troisième plus grande réserve d’or d’Afrique – à privatiser son industrie aurifère… A Morila, les multinationales ont bénéficié d’exonérations fiscales pendant leurs trois premières années d’activité. les deux tiers des réserves – estimées à 120 tonnes – ont été extraits en seulement… quatre ans (au lieu de sept).

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GUIDE TOURISTIQUE DE FRANCE 24 : LE VILLAGE DE COLLINEE ET SES ABATTOIRS
un véritable outil de propagande à l’appui d’une campagne de métissage intensif:

Son hôtel :

[…] Au bar, les clients, blancs et noirs mélangés … Ça discute, ça commente… et ça rigole !

Son bar-tabac :
[…] encore une pluie… de bonjours, de bises échangées et de sourires… Au centre une gamine métisse au sourire d’ange court entre les tables. Derrière le bar, Olga, sexy congolaise aux multiples petites tresses dansantes. Et puis Serge son blanc de mari au look urbain qui virevolte de verre en verre…

Son abattoir :

L’entreprise emploie plus de 2500 personnes aujourd’hui. Les Maliens, premiers arrivés dans les années 70 représentent la majorité étrangère du hameau de 932 habitants. Un collinéen sur dix est malien.

Son mélange :

De l’Afro Festnoz avec sa confection de poupées maliennes et de coiffes bretonnes au gargantuesque repas malien pour tout le village, en passant par les cours gratuits d’alphabétisation ou la projection d’un documentaire sur le Mali, dans la salle des fêtes archi comble.

« Web documentaire » Bras de la France :
grâcieusement rédigé et mis en ligne sur la chaîne publique France 24

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Ouest-France 10-04-2013 – Un important trafic de viande demantelé chez Kermené

Les caisses disparaissaient sur les quais de l’entreprise, en Ille-et-Vilaine.
Plusieurs salariés qui déchargeaient les palettes sont suspectés d’avoir organisé un trafic depuis des années…

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Comments
2 Responses to “Abattoirs bretons : des Maliens musulmans à la chaîne porcine”
  1. BERNARD dit :

    C’est une honte d’écrire qu’André GILLES était un piètre entrepreneur.
    Je vous signale que les Maliens sont arrivés à Collinée car à l’époque aucun breton ne voulait travailler à l’abattoir.
    Et quand les bretons ont vu les salaires que se faisaient les Maliens, ils ont tous voulu y venir.
    La vente des abattoirs à LECLERC est arrivée bien des années après.
    Je vous saurai gré de bien vouloir retirer cette ineptie avant que je ne porte plainte pour diffamation, quelle honte !

    • Ratgemini dit :

      Merci pour votre commentaire.

      Bernard, j’ignore à quel titre vous vous sentez offensé par le contenu de l’article, mais je serais intéressé à comprendre votre point de vue sur la question.
      Je note que vous mettez une majuscule à « Malien », mais pas à « Breton ».

      L’idée de faire appel à des Maliens, en pleine Bretagne, a de quoi surprendre.

      1- Pourquoi aucun Breton ne voulait-il travailler à l’abattoir ? Y avait-il une raison à cela ?
      2- Pourquoi ces mêmes Bretons ont-ils été attirés par les salaires des Maliens ? Est-ce à dire qu’André Gilles leur avait fait des propositions moins attractives ? Pourquoi ?

      Si le mot « piètre » ne convient pas, par quel qualificatif faudrait-il le remplacer ?
      N’y a-t-il pas de chômage en Bretagne ? L’embauche d’une main-d’oeuvre étrangère non qualifiée était-elle la solution ? Peut-être seriez-vous d’accord pour remplacer l’expression « piètre entrepreneur » par l’expression « entrepreneur militant », allusion faite à une démarche politique (« humanitaire ») ? Le fait est que certains médias publics (dont France 24) ont fait un grand battage pour promouvoir ce type d’expérience.

      J’attends votre commentaire pour le choix du terme.

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