Trafic d’armes: le Russe Viktor Bout est extradé vers les USA

Extradé de Thaïlande vers les Etats Unis

Viktor Bout, homme d’affaires russe,
tombe dans un piège tendu par la CIA

Bangkok: deux interlocuteurs se font passer pour des représentants des FARC (Colombie).
Il s’agissait en réalité de deux agents de la
DEA (Drug Enforcement Administration).

Viktor Bout est arrêté à Bangkok en mars 2008 sur mandat délivré par les autorités américaines.

Il serait accusé de complicité avec les FARC, pour leur avoir fourni des armes susceptibles d’être utilisées contre des ressortissants et responsables américains.

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Le 20 août 2010, la Cour d’appel thaïlandaise accepte
la requête d’extradition du Russe vers les Etats-Unis.

Avec quatre chefs d’accusation contre lui,
le Russe risque entre 25 ans de détention et la perpétuité.

Alla Bout en est convaincue: son mari serait victime d’une machination de la part de plusieurs experts de l’ONU et d’un certain nombre de politiciens et journalistes américains et britanniques.

Ainsi, les USA pourraient se prévaloir mondialement
d’une grande victoire dans la lutte contre le terrorisme
.

Entre les lignes des communiqués de presse, transparaît l’idée que
même si nous n’avons pas encore réussi à attraper Ben Laden,
la capture de Viktor Bout, n’en reste pas moins un très grand succès.

[RIA Novosti]

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A PROPOS DES ACTIVITES DU RUSSE VIKTOR BOUT

Interview of Douglas Farah, the author of ‘Merchant of Death’
by Riz Khan from Al Jazeera english

Voir également la playlist sur le trafic d’armes présumé de Viktor Bout
Spécial investigation: Reportage de Canal+ datant de juin 2009
Vidéos x 3

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Le Ministère russe des Affaires étrangères dénonce une manipulation politique:
le 16 novembre, l’homme d’affaires russe Viktor Bout,
a été « illégalement » extradé de Thaïlande vers les Etats-Unis.

Dans une interview à la BBC, Léonid Velekhov, rédacteur en chef adjoint de la revue « Sovershenno sekretno » (Top Secret) se dit médusé face à une réaction aussi brutale.
Viktor Bout est considéré comme l’un des plus grands marchands d’armes du monde.
Il est protégé comme un homme d’Etat.

Pavel Felgenhauer , expert militaire indépendant, pense que les autorités russes pourraient craindre que Viktor Bout ne soit poussé à faire des révélations pour sauver sa peau.

Les États-Unis continuent de régenter la politique mondiale et les relations internationales, contribuant en quelque sorte, à l’instauration d’un monde unipolaire.

De l’avis de Pavel Felgenhauer (interview BBC) la situation est complexe.
Viktor Bout jouait un rôle important dans les réseaux internationaux de trafic d’armes,
dans la mesure où il approvisionnait diverses régions du monde.
Les transactions se sont poursuivies après son arrestation, car il ne constituait pas un maillon vital, mais à l’évidence, Viktor Bout sait beaucoup de choses.

Viktor Bout dispose donc d’un atout pour obtenir l’atténuation de sa part de responsabilité en cas de procès devant la justice américaine…
sinon, c’est la prison à vie.

« Si Viktor Bout venait à témoigner, certaines personnes pourraient être touchées, dont beaucoup occupent actuellement des postes importants », – dit Pavel Felgenhauer.

Selon l’expert, le scandale pourrait concerner non seulement la Russie mais aussi l’Ukraine, la Biélorussie, le Kazakhstan et certains pays d’Europe de l’Est.

Au final, l’incident ne devrait pas entacher les relations entre Moscou et Bangkok.

Quant aux relations avec Washington, Felgenhauer pense que les autorités russes vont attendre de voir si Viktor Bout va collaborer et quelle sera l’attitude des Américains.

[BBC – Russie 16-11-2010]

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armes de corruption massive 2

En vingt ans, Viktor Bout est devenu l’archétype du vendeur sans scrupule d’armes légales et illégales, et l’un des plus réputés.
Lors de la chute de l’URSS, fin 1991, cet ancien pilote militaire – à moins qu’il n’ait été un agent du renseignement militaire, le GRU, ou les deux – n’a que vingt-quatre ans. Dès cette époque, il livre à des clients étrangers des stocks d’armes et de munitions issus des arsenaux de l’empire déchu, que vendent les officiers des forces armées.

Banal, selon William Odom, spécialiste américain de la dislocation de l’ex-URSS :  » Dans les républiques baltes et au Tadjikistan, les vols et les ventes d’équipement militaire étaient endémiques. En 1990-1991, les armes, les véhicules et d’autres matériels des forces terrestres se retrouvaient dans des mains civiles à une vitesse alarmante.

À cette époque aussi, des milliers d’avions de transport fabriqués par les Soviétiques pour la compagnie Aeroflot, qui les utilisait tant pour les vols civils que pour les missions militaires, rouillent sur des centaines de pistes d’aviation. Portes ouvertes, vitres brisées, câbles dénudés, pneus crevés, tous ces Antonov, Iliouchine, Yakovlev et autres Tupolev sont alors à qui veut les prendre et les faire voler, après avoir effectué des réparations sommaires.

Des éléments de l’appareil militaire russe, sans doute membres des services secrets de l’armée, le GRU, commencent par fournir trois Antonov à Viktor Bout, pour une misère : 120 000 dollars.

C’est là que commence sa fortune. Ses trois premiers avions s’envolent d’abord pour le Danemark, d’où ils repartiront pour les juteuses routes du tiers monde.

Selon un rapport très fouillé d’Interpol, datant du 4 décembre 2000, Bout s’installe cinq ans plus tard, en 1996, sur l’aéroport d’Ostende, dans les locaux tout juste libérés par une autre société, Aviation Network Group (TAN Group), qu’il possède à 50/50 avec le Français Michel Victor-Thomas.

Au départ, Bout n’est pas propriétaire de la totalité de sa flotte.
Dans un premier temps, ses commanditaires russes lui ont loué ces appareils, charge à lui de les remplir d’armes issues là encore des arsenaux de Russie ou des pays de l’ex-URSS, d’encaisser les dollars et de rétribuer ses protecteurs. Il se passera vite de leur parrainage…

Sa flotte d’avions militaires russes – il en exploitera jusqu’à cinquante – se promènera à l’intérieur d’une nébuleuse de compagnies aériennes, qu’il possède en tout ou partie, ou dont l’exploitation passe par d’impénétrables contrats d’affrètement.

Au Zaïre (devenu République démocratique du Congo en 1997), Bout est payé en diamants et en coltana par le MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean- Pierre Bembab. Russe et espion, il a fréquenté le continent noir du temps du communisme comme jeune officier du GRU, le renseignement militaire.

Et c’est en Angola qu’il aurait définitivement attrapé le virus, quand il y était interprète pour des observateurs russes de l’ONU appartenant à l’UNAMEV I, une mission qui dura de 1989 à 1991 pour vérifier le déplacement des troupes cubaines.

Les zones de conflit en Afrique sont d’autant plus adaptées au transport aérien que les pistes sont nombreuses, les vols discrets permettant d’échapper sans difficulté aux contrôles et aux formalités.

Dans un document sur la contrebande aérienne d’armements, le Quai d’Orsay remarquait en 2006 que  » d’autres techniques impliquent les vols « en relais » au cours desquels la marchandise est déchargée à un point d’expédition, puis envoyée vers sa destination finale par un autre avion.

Plus le nombre de points de transbordement et d’avions impliqués est grand, plus l’expédition et la destination finale des livraisons d’armes peuvent être brouillées, compliquant la tâche des autorités nationales dans l’identification et le dépistage des envois suspects et des acteurs impliqués « .

En 1994, lorsque la France lance l’opération Turquoise au Rwanda, c’est lui qui achemine en partie troupes et matériels grâce à un pont aérien fort profitable.

Que Viktor Bout ait convoyé illégalement des armes vers tous les rebelles de la terre aurait dû inciter les gouvernants des États démocratiques à la prudence.

Une opération de piégeage est montée contre lui par la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine pour l’attirer en Thaïlande et l’y jeter en prison avant de l’extrader.
Question de commodité juridique

Le gouvernement des États-Unis accuse Bout d’avoir fourni des armes à plusieurs régimes sous embargo de l’ONU, dont l’Afghanistan, l’Angola, la République démocratique du Congo, le Libéria, le Rwanda, la Sierra Leone et le Soudan.
Sa fortune aurait été estimée en 2007 par la justice américaine à 6 milliards de dollars.

Viktor Bout veut livrer des armes aux FARC colombiennes, qui pratiquent le trafic de drogue et ont enlevé des citoyens américains. Trois faux clients qui se font passer pour des membres des FARC prétendent lui acheter pour plusieurs millions d’euros des roquettes antichars et des missiles sol-air 9K38-Iglaa qui seraient largués dans la jungle au bout de deux cents parachutes.En contact avec Andrew Smulian, un associé de Viktor Bout, les agents américains négocient aux Antilles néerlandaises, puis à Copenhague (Danemark) et enfin à Bucarest (Roumanie).

Le 6 mars 2008, la réunion avec ses pseudo-clients des FARC, au
business center de l’hôtel Sofitel de Bangkok, se termine par son arrestation, et celle d’Andrew Smulian, par des agents américains avec l’appui de la police thaïlandaise.

La justice thaïlandaise refuse l’extradition, au motif qu’elle  » ne possède pas l’autorité lui permettant de punir des actes commis par des étrangers contre d’autres étrangers dans un autre pays « .

Finalement, son extradition s’est produite le 16 novembre 2010, vers les États-Unis où l’attendait une condamnation à la prison à
vie.

Il s’agit d’un résumé du chapître consacré à Viktor Bout dans « Armes de corruption massive » qui évoque par ailleurs les grandes affaires de corruption qui secouent les milieux politiques français.

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LORD OF WAR
Version française de la bande annonce:

TRAILER V.O. :
Lord Of War 2005 thriller film by Andrew Niccol with Nicolas Cage

Nicolas Cage’s character in the film Lord of War is a composite of Leonid Minin (Ukrainian) and suspected arms smuggler Viktor Bout (Russian).

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Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers SAS « LE PIEGE DE BANGKOK» – 2009.

Viktor Bout est également au cœur du roman de
Gérard de Villiers qui a eu plusieurs fois l’occasion de s’entretenir avec l’homme d’affaires russe, dans sa prison en Thaïlande.

À 24 ans (à la désintégration de l’URSS en 1989) Viktor Bout avait monté un petit empire de transport et de vente d’armes, grâce aux innombrables stocks de matériel militaire orphelins, en Russie, en Ukraine, en Biélorussie ou au Kazakhstan.

Ancien officier soviétique reconverti dans la vente de matériel de guerre aux pays sous embargo, il était alors connu pour ses innombrables transports d’armes, de diamants, d’or et même d’hommes, grâce à une véritable flotte aérienne d’avions-cargos en leasing, opérant à partir des Émirats Arabes Unis.

Tout le monde faisait appel à lui :

les trafiquants de diamants du Libéria ou de Sierra Leone, les talibans alors au pouvoir à Kaboul où une guérilla antimarxiste comme l’UNITA angolaise pour acheter des armes.

Les Américains, à court d’avions de transport, l’avaient utilisé pour acheminer du matériel en Irak et en Afghanistan. Les Français, de leur côté, avaient choisi en 1994, une des compagnies de Viktor Bout pour transporter les 2 400 hommes de
l’opération « Turquoise » de la France au Rwanda.

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