L’éclatement de la zone euro conduira-t-il à un euro plus fort?

Nigel Farage, député européen, membre du parti pour l’indépendance du Royaume-Uni.
estime que le renflouage par l’Union Européenne vise à sauver les banques, et pas la Grèce:

« Nous allons regretter d’avoir maintenu les banques à flot et d’avoir enrôlé des pays comme la Grèce dans une union monétaire pour laquelle ils ne sont pas faits » [propos lancés en 2010 et largement repris depuis].

Une défaillance grecque et le retour à la drachme s’accompagneraient d’une dévaluation très substantielle pour la Grèce.

Mais dans le même temps, beaucoup de ces banques seraient exposées à de lourdes sanctions pour leurs erreurs en politique de crédit, tandis que les capacités de la Banque centrale européenne elle-même seraient remises en cause.
Donc, on a pris le parti de penser que tout ne va pas si mal dans le système bancaire.
Il s’est conclu une sorte d’alliance des politiciens et des banquiers dans le dos du peuple… c’est en tout cas ce que les gens ressentent aujourd’hui dans les rues d’Athènes.

La crise bancaire n’est certainement pas terminée, bien au contraire.
Dans la vie il faut avoir le courage de tirer les leçons de ses erreurs.
Il y a un trop grand décalage entre les économies grecques et allemandes pour qu’elles puissent coexister au sein d’une union économique et monétaire.
Tout ce que nous faisons, c’est investir de l’argent à perte. Il est temps d’affronter la réalité et de reprendre le dessus.

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L’Espagne, le Portugal, l’Irlande, la Grèce ont rejoint l’euro il y a dix ans.

En contrepartie, ils ont bénéficié de taux d’intérêt, au cours des sept ou dix premières années, qui étaient bien inférieurs à ce qu’ils auraient dû être, ce qui a provoqué un boom de l’accession à la propriété qui a fini par crever. A présent, si un pays comme la Grèce devait rester dans la zone euro, il n’y aurait aucun avenir économique pour beaucoup de ses habitants.

Lorsque l’euro a été mis en place, il y avait ce que l’on appelait les critères de Maastricht
qui étaient les règles économiques fondamentale.

Les économistes français, les économistes allemands, les économistes néerlandais déclaraient alors « ne laissez pas la Grèce entrer car ce pays ne répond pas aux critères. » Mais l’euro est plus un concept politique qu’économique. Il s’agissait de confiner des populations dans un espace pour former les Etats-Unis d’Europe.
On a donc délibérément ignoré les critères et laissé entrer la Grèce, l’Espagne, alors que l’on n’aurait pas dû le faire.

A présent, il y a un prix à payer : le renflouement de la Grèce.

A court terme cette mesure pourrait tirer ce pays d’affaire et lui permettre d’émettre des titres de dette. Mais à long terme les Grecs seront prisonniers d’une devise qui est trop forte. N’importe quel économiste du FMI dirait que pour soutenir la dette grecque, il faut revenir à la drachme et les laisser dévaluer. En attendant, la Grèce risque de souffrir économiquement et de faire face à de graves désordres.

D’ici un an ou deux, d’autres pays seront probablement obligés de quitter l’euro

et de revenir à leur propre monnaie, ce qui leur permettra de faire flotter le cours contre d’autres devises. Conclusion, lorsqu’un pays va mal, il peut dévaluer. Autre avantage, la réconciliation des électeurs avec leur gouvernement. Actuellement, si vous voulez changer de régime économique en Grèce, vous ne pouvez pas voter socialiste, vous ne pouvez pas voter conservateur, parce que les grandes décisions sont prises à Francfort. Le problème essentiel, c’est que le pouvoir de décision a été confisqué au peuple, aux électeurs et que la démocratie en a pris un sérieux coup.

L’éclatement de la zone euro conduira à un euro plus fort.

Nous avons parfois tendance à croire que
quand les systèmes tombent en panne, les marchés s’effondrent.
En réalité, la faillite de la Grèce et sa sortie de l’union monétaire auraient pour conséquence de renforcer l’euro au lieu de l’affaiblir.

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SUR LE THEME DE L’EURO

La sortie de l’euro, certains économistes y songent : Jean-Jacques Rosa

Jacques Sapir : comment se sortir de l’euro en tant que monnaie unique

Emmanuel Todd: remise en cause du libre-échange et de l’euro

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