Le slogan « acheter et produire français » : un probable marché de dupes

Sarkozy vante le « produire français » dans une usine de skis Rossignol

Rossignol a relocalisé une partie de sa production de skis.
Bien souvent, la relocalisation est la conséquence d’une erreur de stratégie. Rossignol en est l’illustration: le management précédent avait surévalué l’impact du coût de la main-d’oeuvre dans la structure des prix. L’entreprise a frôlé la faillite.

Pour d’autres entreprises (souvent des PME), l’échec de la délocalisation tient de l’incompétence du management à élaborer une stratégie internationale, certaines entreprises ayant fait l’impasse sur les études de faisabilité qui auraient révélé leur inaptitude au développement de projets offshore.

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Les relocalisations vont-elles sortir la France de l’ornière ?

Dans certains cas, la relocalisation s’accompagne d’incitations financières au retour. Il peut même se faire qu’au moment de la délocalisation, certaines entreprises aient réussi à monter un dossier d’exportation ouvrant droit à des aides financières au départ. Certains dirigeants s’ingénient à nouer des relations d’influence avec les élus locaux.

Le slogan «produire français » est un véritable marché de dupes.

Dans le meilleur des cas, la production sera robotisée, et par voie de conséquence compétitive avec la main-d’oeuvre asiatique, sans compter les gains de transport obtenus par la relocalisation. Résultat: aucun bénéfice pour l’emploi, d’autant plus que les relocalisations ne concernent pas la production en grandes séries.

Les fabricants qui n’auront pas fait le choix de la robotisation, seront incités à recourir à une main-d’œuvre immigrée coûteuse (7 à 10 fois le coût de main-d’oeuvre des pays émergents) sous qualifiée. Mais cet apparent surcoût pour l’entreprise sera partiellement absorbé par les transferts sociaux, auxquels pourront s’ajouter d’éventuels crédits d’impôts et les économies de transport consécutives à la relocalisation.

L’opinion publique a été à la fois abusée et neutralisée.

Les surcoûts de main-d’oeuvre sont à la charge des Français qui se voient infliger la double peine fiscale d’alimenter les transferts sociaux pour participer à la viabilité de l’entreprise et de contribuer au développement du pays d’origine de cette main-d’oeuvre (budget d’aide au développement voté annuellement par le Parlement). En remerciement, le contribuable sera invité à acheter français sans autre argument que de faire preuve de solidarité.

Les relocalisations concernent-t-elles tous les pays en développement?

Au départ, il faudrait s’entendre sur ce que l’on appelle les «pays étrangers». Apparemment, certains pays d’Afrique, dont les pays du Maghreb, ne sont concernés ni par la campagne de relocalisations, ni par la mise en place d’une TVA aux importations.

Même Marine Le Pen se laisse prendre au piège, faute de procéder à une véritable investigation mettant à jour toutes ces perversions du système. L’immigration sous qualifiée et coûteuse pour la France (transferts sociaux croisés et cumulés avec l’aide directe au développement des pays d’origine) a encore de bons jours devant elle, grâce à une campagne unanime pour « acheter français », sans se poser de questions.

Mais ce véritable dumping social et fiscal est-il conforme aux lois internationales de la concurrence?

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Qooq, la tablette qui passe du made in China au made in France

Reportage de TF1 : Une société a relocalisé en Saône-et-Loire sa ligne de production de tablette informatique, initialement basée en Chine, pour démontrer que « l’industrie du 21e siècle » a sa place en Europe.

C’est l’histoire d’une délocalisation. Ou plutôt d’une relocalisation. Qooq a inauguré jeudi une nouvelle ligne de production de sa tablette tactile à Montceau-les-Mines en Saône-et-Loire. Précédemment, la tablette était fabriquée en Chine.

Le spécialiste de l’industrie électronique Eolane, qui sous-traite la production de la tablette dans son usine pourrait embaucher « entre 50 et 100 personnes » en 2012.

Conçue pour un usage essentiellement « domestique », notamment dans la cuisine, cette tablette made in France sera commercialisée à partir de début novembre, a précisé la société qui espère en vendre 50.000 en 2102.
Son prix, 349 euros, reste inchangé par rapport à celui du modèle assemblé en Asie car le surcoût lié à la main d’oeuvre en France a été « complètement compensé » par l’innovation et par un processus plus automatisé, ce qui en fait une « offre très compétitive », a-t-on ajouté.

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Paul Raguin parmi les 500 plus grosses fortunes de France

Paul Raguin, PDG d’Eolane, basé au Fresne-sur-Loire, se classe 283e.
Ce sexagénaire, ex-directeur d’une PME horticole, a bâti un groupe d’électronique devenu le premier sous-traitant français du secteur, avec un chiffre d’affaires de 268 millions d’euros. Sa fortune professionnelle est estimée à 145 millions d’euros.
[Magazine Challenges du 7 juillet 2011]

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