En délocalisant au Maroc, Renault s’affranchit des mesures anti-dumping

L’inauguration à Tanger (Maroc) de l’usine Renault – 6 000 emploi à terme
(Renault dont l’Etat est actionnaire à 15% ) vient à point nommé pour démontrer les limites des taxes anti-dumping prônées à droite comme à gauche. Ces taxes sélectives pénalisent avant tout la Chine et certains autres pays émergents.

Interrogé le 12 février à Europe 1, Eric Besson, Ministre de l’industrie a rappelé que le choix de Renault de se porter acquéreur de Dacia datait de la présidence de Louis Schweitzer, sous un gouvernement socialiste. « Pas la peine d’imputer à (l’actuel PDG) Carlos Ghosn et au gouvernement actuel des décisions qui remontent au temps du gouvernement de Lionel Jospin », a-t-il dit.

L’Usine Nouvelle [fév-2012] : « Non, RENAULT ne délocalise pas au Maroc »

« Les DACIA n’ont jamais été produites en France ».
« Au pire peut-on parler d’une délocalisation de la Roumanie vers le Maroc… La question est plutôt de savoir pourquoi le groupe n’a pas souhaité augmenter les capacités de production de Pitesti, le site historique de Dacia. Les raisons sont limpides : le salaire moyen au Maroc est deux fois moins élevé qu’en Roumanie, et le gouvernement marocain a accordé au constructeur d’importantes aides fiscales, parmi lesquelles une aide à l’installation à hauteur de 10 % du coût de l’usine et une exonération d’impôts pendant cinq ans ».

« Quant à se demander si Renault n’aurait pas dû « relocaliser » Dacia en France, c’est un non-sens économique. La marque roumaine est positionnée sur le low cost et aucun constructeur ne peut produire du low cost en France ».

« La France n’est pas le marché-cible de DACIA » (sic)

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Violations des Droits de l’Homme au Maroc :

Amina Al Filali,16 ans, a été obligée par la loi à épouser celui qui l’avait violée
La loi marocaine considère la mineure violée comme une criminelle
bien qu’elle soit victime de la violence
. La jeune fille s’est suicidée.
[Lire l’article du Figaro du 15-03-2012]

Un jeune Marocain condamné à 1 an de prison ferme pour avoir publié une caricature de Mohamed VI – Aucune réaction officielle de la commauté internationale

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Les délocalisations au Maghreb permettent de contourner légalement les taxes antidumping.

La taxation des importations, supposée sanctionner le dumping social
et enrayer les délocalisations, ne concerne pas le Maghreb.
L’Union européenne se félicite même du dialogue avec
l’Union du Maghreb arabe (UMA) et encourage cette dernière
à poursuivre les efforts d’intégration sous-régionale.

Immigration: aucun engagement n’est exigé en contrepartie des avantages consentis.

A l’usine de Tanger, l’ouvrier marocain sera payé 250 euros par mois.
Pour les demandeurs d’emploi marocains, le choix est clair : rester à travailler pour 250 euros mensuels ou tenter de décrocher le SMIC en France. Beaucoup d’entre eux sont évidemment tentés par l’aventure. La délocalisation désorganise notre marché de l’emploi: pertes d’emplois en France et afflux de demandeurs d’emploi marocains, dont on se garde bien d’imputer le coût social à d’aide publique au développement (APD) dédiée au Maroc… peut-être en compensation du cadeau fiscal (l’usine de Tanger est en zone franche, ce qui dispense Renault de payer l’impôt sur les sociétés pendant 5 ans)

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Le 13 octobre 2008, le Maroc s’est vu reconnaître
le statut avancé dans sa coopération avec l’Union européenne.

[Déclaration de l’Union européenne sur le statut avancé d’association UE-Maroc]

Dans une allocution à l’ambassade de France au Maroc, Anne-Marie Idrac avait déclaré :
«La France se réjouit profondément que ce statut ait vu le jour sous sa présidence de l’Union européenne. Si nous avons porté ce dossier durant notre présidence, c’est parce qu’il y avait là un souhait conjoint des deux pays.
[…] »

Anne-Marie Idrac poursuit:« En quoi consiste le statut avancé ?
[…] C’est, d’abord, la réponse de l’Union européenne à un voeu exprimé par le Roi Mohammed VI au début de son règne en l’an 2000 : aller au-delà de l’accord d’Association signé en 1996 et, pour cela, instaurer une relation qui soit plus que l’association et moins que l’adhésion […] »

« En matière industrielle, l’ouverture réciproque est quasi-totale :
les produits marocains entrent sans quotas ni droits de douane dans le marché européen et le Maroc assure la réciproque à l’Union européenne. Cette ouverture mutuelle a fait ses preuves. Quand je visite des entreprises au Maroc, quand je vois les créations d’emplois de qualité dans l’industrie (110 000), je me dis que votre pays a bien fait de choisir la voie de l’audace et celle du rapprochement avec l’Union européenne. »

« Le Maroc s’est imposé comme le premier bénéficiaire des fonds européens.
L’acquis est également considérable en matière de coopération. L’Union européenne mène une politique d’aide et de coopération qui s’est longtemps appelée le programme MEDA et s’appelle aujourd’hui la Politique européenne de voisinage. Dans cette coopération, le Maroc s’est hissé au premier rang. »

[Lire l’intégralité de l’allocution d’Anne-Marie Idrac]

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La Cour des Comptes dénonce les dérives de l’aide au développement

Une tutelle brouillonne
Le contrôle de l’Agence Française de développement est aussi sévèrement critiqué, avec pas moins de trois ministères de tutelle (Affaires Etrangères, Finances et Outre mer). « La tutelle manque de cohérence, oscillant depuis plusieurs années entre distance excessive et ingérence », souligne le rapport.

Autre lacune, la France a du mal à hiérarchiser les priorités géographiques de son aide. « Une accumulation de priorités géographiques s’oppose à la recherche initiale de concentration géographique », écrit la Cour. Ainsi, les « pays les moins avancés » (PMA), jugés prioritaires, ont vu leur part dans l’aide bilatérale passer de 38% en 1990 à 16% en 2009. Dans les vingt premiers bénéficiaires, figurent seulement cinq des 14 pays « prioritaires » (Sénégal, Mali, Burkina Faso, Madagascar, et Guinée), aux côtés de pays émergents (Indonésie, Turquie) et de pays (Chine, Maroc, Tunisie), où les frais d’écolage (dans les lycées français), comptabilisés dans l’APD, sont très importants.

Gaspillage dans les projets locaux
La Cour des Comptes dénonce les dérives des réseaux locaux, qui mettent en œuvre l’aide. Exemple édifiant, au Maroc, notre aide bilatérale relève à la fois du SCAC, le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade (44 personnes), du service économique régional (14 personnes), de l’AFD (18 personnes) mais aussi des « effectifs affectés à la coopération culturelle, financière (ministère des finances), policière (SCTIP), judiciaire (magistrat de liaison), sociale (conseiller social) et militaire (attaché de défense) ».

[Lire article de Challenges du 30-11-2011].

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Sarkozy lance les travaux du TGV marocain | un succès ambigu pour nos exportations

Liste des bénéficiaires de l’APD établie par le CAD

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