Le Royaume Uni accusé de financer un plan de stérilisation contrainte des femmes en Inde

Devanti Devi, 25 ans, mère de trois enfants, vit dans un des Etats les plus pauvres de l’Inde.
Il y a quelques mois, elle a subi une opération de stérilisation, mais les choses ont très mal tourné:

«J’ai repris conscience vers minuit. On m’a fait m’allonger sur un banc.
Je saignais abondamment. Je suis rentrée sans aucun remède.  » se rappelle-t-elle.
« Je souffre toujours de douleurs et de sensations de gêne. Un caillot a formé une boule. Je suis en incapacité totale de travailler. « 

Un plan de stérilisation massive (eugénisme), financé par le Royaume Uni

Chaque année, sous la bienveillance des autorités indiennes, environ un million de femmes issues des régions pauvres sont stérilisées pour tenter de juguler la croissance démographique de l’Inde.

Un camp de stérilisation a été installé dans une école.
En janvier, près de 80 femmes y auraient été opérées en l’espace de trois heures. La police a perquisitionné les bureaux d’une ONG en charge du camp et a trouvé une vidéo révélant que les femmes y étaient maltraitées.

De récents rapports révèlent que de nombreuses ONG auxquelles le gouvernement recourt pour faire fonctionner les camps de stérilisation sont en fait financées par des fonds d’aide du Royaume-Uni. Depuis 2005, la Grande-Bretagne a fait don de plusieurs millions de livres à l’Inde, pour financer les stérilisations.

Théorie selon laquelle la surnatalité en Inde, serait responsable des gaz à effet de serre.

Un document récent montre que le Royaume-Uni serait intéressé à réduire la population de l’Inde – pour « réduire les gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement de la planète ». Ne s’agirait-il pas d’une manipulation pour imputer ces fonds à une ligne de crédit dédiée à la protection de l’environnement?

Le Dr Abhijit Das, directeur du Centre for Health and Social Justice (interview en anglais) estime qu' »il y a comme un relent de colonialisme, de racisme et un retour au contrôle démographique de l’époque coloniale. Comme vous n’arrivez pas à gérer vos propres émissions, du fait de votre consommation excessive d’énergie, vous venez dire que les pauvres sont la cause de tous les gaz à effet de serre – c’est tout simplement ignoble « .

Des mouvements de protestation s’organisent contre cette politique de déshumanisation.

Cette affaire choque les défenseurs des droits des femmes qui sont déterminés à mettre fin à la stérilisation sauvage. Selon eux, les médecins sont sous pression pour remplir les quotas et obtenir des primes pour les atteindre. Beaucoup de femmes se trouvent regroupées, sans bien comprendre ce qui leur arrive, pour être traitées dans des conditions déplorables. Certaines ont succombé à une hémorragie post-opératoire.

Devika Biswas, militant des droits de l’homme (interview en anglais):
« Ils méprisent leur dignité et leur vie privée. Elles [ces femmes] sont traités comme du bétail, et après quatre jours, lorsqu’elles sont censées ôter leurs points de suture, personne ne les appelle. Il n’y a aucun suivi.  »

Le mouvement de protestation est loin d’être terminé, mais une chose est sûre : la Grande-Bretagne ferait mieux de ne pas s‘en mêler.
Devi n’oubliera jamais ce qui lui est arrivé ce jour-là.

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Des Roms slovaques dans la ville de Kosice, en septembre 2010. (Photo Petr Josek Snr. Reuters)

Des Roms slovaques dans la ville de Kosice,
en septembre 2010. (Photo Petr Josek Snr. Reuters)

EN SLOVAQUIE, LE SCANDALE DE LA STERILISATION FORCEE DES ROMS [Libération 14-12-2012]

Une ONG( le Centre pour les droits civils et les droits de l’homme) a reçu en France le prix de la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour son combat contre une discrimination ethnique pas encore reconnue par la justice européenne.

L’avocate Vanda Durbakova répète inlassablement, depuis près de dix ans, que des femmes roms slovaques ont été massivement victimes de stérilisations forcées, et qu’il y a très peu de raisons pour qu’elles ne le soient pas encore aujourd’hui.
Cela existe depuis fort longtemps: le 14 juillet 1933, le régime nazi vota une loi couchant noir sur blanc une politique de stérilisation forcée des femmes roms.

Le 13 novembre la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rendu un arrêt – c’est le troisième – qui répare partiellement l’injustice subie par trois femmes roms stérilisées sous la contrainte et à leur insu au début des années 2000.

La CEDH a reconnu que les trois femmes ont subi un traitement inhumain et dégradant en violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme; qu’elles ont subi une violation du droit au respect de leur vie privée et familiale conformément à l’article 8 de la Convention.

Pour l’heure, les tribunaux slovaques n’ont accordé aux victimes qu’une réparation financière. Aucun médecin n’a encore été sanctionné pénalement. Et les chances sont maigres pour que l’un d’entre eux le soit un jour.

[…]

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