Les scientifiques se sont toujours défendus de vouloir normaliser l’espèce humaine

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« Si, demain, toute notre civilisation se trouvait détruite, l’Homme aurait tout à recommencer, il repartirait du même point d’où il est parti voilà quelques cent ou deux cent mille ans […]
La civilisation de l’Homme ne réside pas dans l’Homme,
elle est dans les bibliothèques, dans les laboratoires, dans les musées et dans les codes »
écrivait Jean Rostand (1894-1977) dans son ouvrage « Hérédité et racisme » paru en 1939.

Mais en dépit des risques, les recherches des scientifiques
semblent animées par les éternels démons de la manipulation :

« Les chromosomes, ce sont des particules microscopiques qui se trouvent dans les noyaux de toutes les cellules. Chaque être vivant est constitué de milliards de cellules, chaque cellule contient un noyau, et chacun de ces noyaux contient un certain nombre de chromosomes.
Ce nombre est constant à chaque espèce : 46 chez l’homme… 8 chez la mouche du vinaigre ».

« Chacun des chromosomes a une structure extrêmement complexe… Ils sont formés d’une sorte de chaînes de particules beaucoup plus petites que l’on appelle les gènes, chacun de ces gènes ayant des propriétés définies en rapport avec la production de certains caractères héréditaires. Ces gènes sont probablement formés chacun par une très grosse molécule, et cette molécule a pour constituant principal, l’acide désoxyribonucléique, terme heureusement abrégé en DNA [l’appellation française est l’ADN – le DNA anglo-saxon correspondant au Deoxyribonucleic acid]. Le DNA paraît être la base chimique de l’hérédité, ce qu’on pourrait appeler « l’hérédine ».

Chaque espèce a son DNA spécifique, chaque individu son DNA individuel, et chaque gène a sa composition chimique définie… »

Mais nous finirons par modifier cette ADN, par la frelater en y introduisant des molécules étrangères

« L’homme en général ne reste pas longtemps spectateur, la science n’est pas longtemps passive, elle est active, elle intervient. Nous finirons par intervenir, non pas nous les biologistes, mais les chimistes qui finiront bien par modifier ce DNA.
Déjà, en 1928, le biologiste anglais Frederick Griffith (1879–1941) réussit, sans le savoir à modifier le patrimoine héréditaire d’un microbe ».

« Il est certain que, par un moyen ou par un autre, les chimistes finiront par modifier le DNA il feront une sorte d’industrie du DNA, comme on fait avec l’industrie des matières plastiques. On fabriquera des super DNA on finira par falsifier le DNA naturel, par le frelater en y introduisant des molécules étrangères. Et alors vous voyez tout ce que cela ouvre d’espoir, de perspectives pour l’homme… mais aussi, disons le, d’inquiétude… »

Toutefois, « je doute que l’homme soit actuellement mûr pour prendre en main la commande chimique de son destin. »

Tératogénèse : méthodes de production de monstruosités

– les travaux d’Etienne Wolff (1904-1996) sur la tératogenèse au moyen de rayons X
– la chimio-tératogenèse développée par le professeur Paul Ancel (1873-1961)
– le procédé par carence, du professeur Antoine Giroud

la prévention de monstruosités héréditaires est encore à l’état expérimental

Ces vidéos sont accessibles intégralement et séparément sur le site de l’INA
Vidéo 1 Etienne LALOU s’entretient avec le biologiste Jean ROSTAND
Vidéo 2 Pierre DESGRAUPES rencontre Jean ROSTAND dans sa maison de Ville d’Avray
Vidéo 3 Jean Rostand : vers la création d’un surhomme ou d’un sous-homme

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Le professeur Etienne Wolff donne son point de vue sur l’utilisation des découvertes scientifiques

« Il y a une très grande tentation [pour les scientifiques] d’appliquer les lois de la vie que nous connaissons et que nous appliquons aux animaux, en améliorant certaines races, en faisant de la génétique normative…

Il y a certainement une tendance à vouloir les [les lois de la vie ] appliquer à l’homme, mais je dois dire que des doctrines et des expériences passées qui ont été faites dans certains états totalitaires me retiennent et nous réfreinent de vouloir continuer les expériences de cette sorte. »

Travaux de recherche :
par irradiation ou microchirurgie de régions précises de l’embryon,
Etienne Wolff réussit à obtenir à volonté presque toutes les malformations qu’on peut rencontrer
chez les vertébrés, y compris l’espèce humaine.

Tous ces travaux valurent à Etienne Wolff une étiquette qui lui colle encore :
« J’étais devenu l’homme des monstres, comme Jean Rostand, l’homme des grenouilles. »

A une époque où les connaissances en endocrinologie étaient bien minces Wolff réussit, grâce aux hormones sexuelles préparées à l’état de substances chimiques pures, à en démontrer l’extraordinaire pouvoir. Par exemple:
transformer un embryon de poulet mâle en femelle et vice versa,
ou obtenir toute une série d’intermédiaires entre les deux sexes
.

Etienne Wolff prend position sur la querelle entre l’inné et l’acquis :

« Les dons des humains sont d’origine génétique, qu’il s’agisse de dons physiques ou intellectuels, répond-il. Ils sont héréditaires, fixés dès la fécondation, même avant peut-être. Mais l’acquis peut avoir une très grosse influence. On peut dire que si tout est fixé dans l’embryon, rien n’est encore rigoureusement déterminé. »
[…]
A travers le monde vivant, on voit pointer les facultés :
mémoire, accoutumance, souffrance, facultés supérieures. Je ne vois là que des transitions vers l’humanité, qu’on ne doit pas mettre à part du monde animal.
Pour beaucoup de ses capacités, l’homme n’est pas au-dessus des animaux.

Encyclopédie Questmachine wiki – Lire l’article intégral
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Jean Rostand Hérédité et Racisme

Jean Rostand : Hérédité et racisme – Gallimard (1939).

Dans sa revue Kritiken und Rezensionen, le philosophe Walter Benjamin (1892–1940)
juge l’exposé de Rostand remarquable par sa clarté, sa prudence et son courage.

Par sa clarté : l’auteur réussit à donner un aperçu parfaitement transparent de ce qui est actuellement acquis de la théorie de l’hérédité. Il explique comment l’activité des chromosomes et des gênes est comprise par la science; pour Jean Rostand, l’hypothèse d’une transmission des propriétés acquises doit dès à présent être écartée. Ce qui peut être considéré comme le fond héréditaire des races – races dont l’auteur souligne l’interpénétration sur toute la terre, et particulièrement en Europe – se réduit à un certain nombre de qualités physiques d’une importance relative. »
[…]
Toujours selon Walter Benjamin, Jean Rostand affronte, dans ce livre, la théorie biologiste du progrès,
s’en prenant à Auguste Comte qui considérait le progrès biologique comme une des bases de l’histoire.
Jugeant que cette théorie était invalidée par la biologie même, Rostand écrit:

« Si, demain, toute notre civilisation se trouvait détruite, l’Homme aurait tout à recommencer, il repartirait du même point d’où il est parti voilà quelques cent ou deux cent mille ans. Toute son œuvre, tout son labeur, toute sa souffrance passés lui compteraient pour rien, ils ne lui conféreraient aucune avance… La civilisation de l’Homme ne réside pas dans l’Homme, elle est dans les bibliothèques, dans les laboratoires, dans les musées et dans les codes » (p. 79/80).

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