A six mois des élections municipales, le Front Républicain fait bloc contre les Roms

Plus un jour sans une déclaration fracassante, de droite comme de gauche, sur ce dossier qui divise également au sein du gouvernement.

En France, on a le droit de dire ou d’écrire que
« les Roms ont vocation à rester dans leur pays d’origine ou à y retourner », mais on n’a pas le droit de penser
que les Africains pourraient partager la même vocation…

Vingt quatre ans après, va-t-on restaurer le rideau de fer?
Rama Yade (Ancienne secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme) exorte la Roumanie et la Bulgarie à retenir les Roms chez eux.

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Selon un sondage BVA, complaisamment relayé par i-Télé et Le Parisien, neuf Français sur dix estimeraient que les Roms s’intègrent mal dans la société française et sept Français sur dix penseraient que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a eu raison de le dire. Les Roms seraient «un groupe à part», si l’on en croit un sondage mené en 2012 par la Commission nationale consultative des droits de l’homme.

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Martin OLIVERA
(Anthropologue, membre de l’Observatoire européen Urba-Rom)
Auteur de « Roms en (bidon) villes »
passe en revue quelques uns des clichés qui collent à la peau des Roms :
France 5 « C dans l’air » du 27-09-2013:
« Les Roms divisent le gouvernement ».

C dans l’air : les Roms divisent le gouvernement 27/09/13 (intégrale)

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Roms en bidonvilles

Cliché numéro 1 : ils sont nomades par nature

«Il n’y a pas de Roms ou de Tsiganes nomades, du tout.» Martin Olivera, anthropologue membre de l’Observatoire européen Urba-rom et formateur en Seine-Saint-Denis auprès de l’association Rues et Cités, s’explique : «Il n’y a qu’une petite minorité de groupes qui ont une tradition de mobilité saisonnière, sur de petites distances et toujours à partir d’un point d’attache, lié à leur travail : ferronerie, musique… Mais l’immense majorité d’entre eux est sédentaire.»

Cliché numéro 2 : ils déferlent sur l’Europe

En France, on estime cette population rom, gens du voyage compris, à 500 000 personnes, essentiellement Français et installés. Les Roms «migrants», ceux dont il est question dans le débat public, seraient 15 000, dont une moitié d’enfants, selon diverses estimations, dont celle du collectif Romeurope. Présents pour la moitié en région parisienne, les autres principalement autour de Lille, Lyon et Marseille, ils sont pour la plupart Roumains et Bulgares. Or, ce chiffre est stable depuis plusieurs années malgré les politiques d’expulsions. Autrement dit, ce sont les mêmes groupes qui vont et viennent, via le système, critiqué, des aides au retour. Ce qui invalide l’idée, véhiculée par le Front national, d’un réservoir inépuisable de millions de Roms prêts à débarquer.

Cliché numéro 3 : ils s’entassent dans des bidonvilles

Les Roms n’ont ni pour idéal de vie ni pour tradition de s’entasser à 40 dans des squats. Ni de camper dans des recoins urbains. Pas davantage en Roumanie ou Bulgarie qu’en France. C’est une résultante de la précarité dans laquelle il sont plongés. «Bien des Roms vivent le plus normalement du monde en appartement, dans des maisons, mais ceux-là sont « invisibles » aux yeux de la société. Il y a donc un effet de loupe sur les autres, qui sont en bidonville parce qu’ils n’ont pas d’autre lieu où aller», souligne Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l’homme et cofondateur de Romeurope. «Leur idéal de vie ce n’est pas de constituer des immeubles des Roms ! Ils aspirent à se disperser, à s’installer et à sortir de la stigmatisation.»
Le regroupement ? Un réflexe d’entraide et de sécurité. «Il y a chez les Roms une culture familiale forte, mais pas plus que chez les migrants chinois ou africains, sans que pour ces derniers on ne parle de clanisme», note Malik Salemkour.

Cliché numéro 4 : ils ne veulent pas parler français

Dans les bidonvilles, la plupart des enfants, quand ils sont scolarisés comme le prévoit la loi française pour les moins de 16 ans, apprennent assez vite le français. Les choses se compliquent avec les expulsions, qui entraînent une rupture de la scolarisation. Même difficulté chez les parents, qui sont généralement accompagnés dans leur apprentissage du français par des associations, comme pour beaucoup de primo-arrivants. Les Roms migrants parlent souvent deux langues : le romanès et la langue de leur pays d’origine. Reste que l’illetrisme est, chez eux, une réalité. Ainsi, en Roumanie, 30 % des Roms adultes sont analphabètes et n’ont jamais été scolarisés en raison de leur situation de pauvreté, selon une étude de l’Unesco. En France, leur apprentissage de la langue est facilité par la proximité du roumain, langue latine, avec le français.

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