11 Novembre 1918 une victoire délibérément dénaturée par le traité de Versailles

 

Hitler - François Delpla
Non seulement le traité de Versailles (28 juin 1919) réduit drastiquement les dimensions, les moyens et le champ d’action de l’armée allemande mais, surtout, il déclare l’Allemagne responsable du déclenchement de la guerre – un axiome dont découle l’imposition de lourdes réparations1. Si le fond est humiliant, la forme est à l’avenant. Non seulement il s’agit d’un Diktat, imposé sous la menace d’une reprise des combats alors qu’entre-temps on a soigneusement détruit les armes allemandes, mais la conférence de la paix s’est ouverte le 18 janvier, jour anniversaire de la proclamation de l’Empire allemand dans la galerie des Glaces à Versailles, et le traité est signé dans cette même galerie, cinq ans jour pour jour après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo : les vainqueurs ont l’air d’insinuer que le monde germanique aurait dû accepter passivement le meurtre du prince héritier d’Autriche (Ian Kershaw, Hitler, tome 1 : 1889-1936). Le traité de Versailles donne à Hitler l’exemple des cérémonials vengeurs et du jeu sur le symbolisme des dates. Ces coïncidences ont été mises en lumière par l’historien Joachim Fest.
[…]

Rappelons quelques clauses du traité qui vont jouer un certain rôle : l’armée allemande est réduite à 100 000 hommes recrutés pour des engagements de longue durée, donc le service militaire est interdit ; elle ne doit pas s’approcher à moins de 50 kilomètres du Rhin, sur sa rive droite (clause dite de « démilitarisation de la Rhénanie ») ; l’Allemagne ne doit ni fabriquer ni posséder de chars ou d’avions de combat ; sa marine doit être adaptée à une simple mission de garde côtière ; des régions voisines de peuplement allemand sont séparées du Reich avec interdiction explicite de se réunir à lui : l’Autriche, les Sudètes, Dantzig et son « corridor » ; la Sarre est détachée pour au moins quinze ans, au titre des « réparations » ; un certain nombre de régions occidentales sont militairement occupées par les Alliés.

Extrait d’ »Hitler » ouvrage de François Delpla – normalien, agrégé d’histoire – publié en 1999. Il s’agit d’une biographie loin des clichés. L’Histoire est livrée sans commentaire superflu. Libre à chacun de tirer ses conclusions.

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